Le char IS-3M de la répression de Budapest (1956)

Sous la référence 36245, Easy Model propose la reproduction d’un char soviétique IS-3M avec sur la tourelle la grande croix blanche caractéristique des blindés qui ont réprimés le soulèvement de Budapest en 1956.
Si vous êtes de ceux qui ont regardé l’émission «Les mercredis de l’histoire» hier soir sur ARTE, vous connaissez mieux cette période de l’histoire hongroise. Pour les autres, nous joignons à cet article, un rappel historique…
Mais revenons à notre char au 1/72…
Celui-ci est entièrement réalisé en plastique ce qui lui donne un poids plume que certains n’apprécieront pas.
La tourelle et la caisse sont peintes en vert armée avec une légère patine appliquée avec soin et sans excès.
Les chenilles, les maillons supplémentaires fixés sur le glacis avant et sur l’arrière du char et l’armement sont peints en gris acier.
Le canon est mobile en azimut et la tourelle tourne sur 360°tandis que le train de roulement n’est pas fonctionnel.
La grande croix blanche qui «décore» la tourelle est réalisée en tampographie.
Au final, une bien jolie miniature vendue moins de 15 € !
Un peu d'histoire...
Le 23 octobre 1956, les habitants de Budapest manifestent en masse contre le gouvernement hongrois dirigé par Ernö Gerö.
Celui-ci avait fait tirer quelques jours plus tôt sur des contestataires estudiantins.
La manifestation tourne rapidement à l'émeute et les symboles de l'État communiste sont détruits. Cette effervescence puise son origine dans les espoirs soulevés par la mort de Staline et l'apparente déstalinisation du régime soviétique.
Impossible déstalinisation
Huit mois plus tôt, en février 1956, Nikita Khrouchtchev, Premier secrétaire du Parti communiste d'URSS, a très sévèrement critiqué son prédécesseur dans un rapport secret au XXe Congrès du Parti communiste d'URSS, à Moscou, et diffusé dans le monde entier par les bons soins des médias occidentaux.
Deux jours avant la manifestation de Budapest, les Polonais ont obtenu le retour au pouvoir du dirigeant réformiste Gomulka. À leur tour donc, les Hongrois réclament le retour à la présidence du Conseil d'Imre Nagy, un communiste modéré qui avait été expulsé du pouvoir en avril 1955 pour avoir trop tôt dénoncé la stalinisation et les abus du régime.
L'armée d'occupation soviétique tente mollement d'intervenir avant de se retirer de la capitale hongroise le 27 octobre. L'ambassadeur d'URSS accepte le retour d'Imre Nagy à la tête de la Hongrie. Cet ambassadeur du nom de Youri Andropov deviendra chef du puissant KGB soviétique en 1967 et accèdera au pouvoir suprême en 1982, jusqu'à sa mort, deux ans plus tard, à 70 ans.
Très vite, Imre Nagy est gagné par l'euphorie du mouvement populaire. Il s'engage dans la voie de la démocratie, forme un gouvernement de coalition et annonce le retrait de la Hongrie du pacte de Varsovie.
Les pouvoirs publics commencent de démanteler les barbelés de la frontière avec l'Autriche... C'est plus que les Soviétiques n'en peuvent supporter. Dès le 4 novembre, l'Armée Rouge investit Budapest. Les insurgés, étudiants aussi bien que salariés, résistent avec héroïsme mais n'en sont pas moins écrasés. En province, les combats se poursuivent pendant deux semaines.
La répression fait environ 200.000 morts tandis que 160.000 personnes se réfugient en Europe de l'ouest. Le cardinal Mindszenty se réfugie à l'ambassade des États-Unis. Imre Nagy a moins de chance. Il sera exécuté en juin 1958 de même que le chef militaire de l'insurrection, Pal Maleter.